Je continue, vite fait :
1 - Relire les explications de Randall Smith, très intéressantes et qui se vérifient (j'ai le Boogie MKIIA et j'ai fait ce qu'il disait pour le confirmer complètement).
2 - J'ai dit que les amplis anciens et en bon état, largement dimensionnés, ainsi que les modernes s'ils suivent la même règle, ne craignent pas trop les écarts d'impédance dans la mesure ou ils sont raisonnables, genre :
- un ampli d'impédance nominale 8 ohms peut accepter 4 ohms ou à la rigueur 16 ohms, mais 2 ohms est risqué.
- un ampli d'impédance nominale 4 ohms peut accepter 2 ohms ou à la rigueur 8 ohms, mais 16 ohms est risqué.
3 - Si l'ampli est dimensionné au plus juste, ce qui est la tendance actuelle, mieux vaut s'en tenir à l'impédance nominale, sauf à la rigueur à jouer à volume "Salon".
4 - Quels sont donc les risques si l'impédance est mal adaptée ?
- Une impédance
supérieure à la valeur nominale fait augmenter la tension du signal aux plaques des tubes de puissance plus qu'il ne faudrait : on risque des amorçages dans lesdits tubes et dans le transformateur de sortie.
- Le cas le pire serait un ampli a fond avec sa sortie "en l'air", c'est à dire non connectée : les tensions peuvent prendre des valeurs dangereuses pour les tubes qui peuvent "flasher" et se mettre en court-circuit, ce qui peut ruiner l'alimentation, et surtout le transformateur de sortie peut claquer irrémédiablement son isolement primaire/secondaire, ce qui signifie sa mise à mort. A noter qu'un transformateur de sortie d'ampli vintage, dont l'isolement a subi l'épreuve des ans et peut-être aussi de la maltraitance, peut éventuellement se trouver encore plus exposé à un claquage qu'un transfo neuf.
- Ce cas de claquage est
heureusement rare, mais je l'ai parfois rencontré sur de vieux amplis (comme évoqué ci-dessus), et aussi sur un Orange Rocker 30 qui n'avait qu'un ou deux ans. Je serais réservé avec des amplis style Peavey Classic 20, 30, 50 et consorts, dont les transfos sont du type "pois-chiche", et plus globalement avec des amplis revendiquant une puissance élevée mais muni de transfos anémiques : prudence...
- Pour éviter ce problème ce problème de claquage, c'est très facile : ya pas d'son qui sort ? N'insistez pas, arrêtez immédiatement et vérifiez vos connexions !
- Une impédance
inférieure à la valeur nominale produit l'effet inverse : elle "charge" l'ampli plus qu'il ne faudrait, la tension du signal aux plaques baisse et on s''éloigne du risque de claquage, mais c'est le courant du signal qui augmente dans les tubes, ce qui les use plus rapidement et les fait surchauffer. Paradoxalement, le transformateur de sortie quant à lui supporte plus facilement cette situation.
- Déduit de ce qui est écrit avant,
accidentellement il vaut mieux un ampli à donf avec sa sortie court-circuitée que si celle-ci est en l'air. C'est du reste ce que fait Fender depuis bien longtemps (et quelques autres mais pas tous) : le jack SPEAKER court-circuite la sortie lorsqu'il n'y a pas de câble HP branché dedans, protégeant l'ampli contre les risques de claquage.
- Donc sur un ampli de 8 ohms, brancher du 4 ohms présente donc moins de risques que de brancher du 16 ohms.- Ceci s'entend pour des amplis à tubes en bon état, avec étage de puissance à tubes et transformateur de sortie. Pour du solid-state, cela diffère un peu...
- Bien entendu, si vous jouez à FAIBLE volume, genre "appartement le soir", la puissance de l'ampli étant alors faible, les tensions et courants du signal le sont aussi : les risques de surcharge ou de claquage dus à une mauvaise adaptation d'impédance deviennent donc négligeables. Si vous jouez à volume raisonnable, il y a bien des chances que cela se passe correctement,
mais prudence tout de même.
Bon, j'espère que mes explications "généralistes" sont compréhensibles... Il n'y a hélas pas de règle précise et universelle sur ce sujet - à ma connaissance du moins
A+!